Pouvoir de police du maire : salubrite et nuisibles | Desinsect13

Pouvoir de police speciale du maire, mise en demeure et execution d'office face a une infestation de nuisibles menacant la salubrite publique.

11 juillet 2026 8 min de lecture Équipe Desinsect13000
Pouvoir de police du maire : salubrite et nuisibles | Desinsect13

Pouvoir de police du maire : imposer une intervention nuisibles

Le maire peut contraindre un propriétaire à éliminer une infestation de nuisibles qui menace la salubrité publique. Au titre de sa police spéciale de la salubrité, il notifie une mise en demeure assortie d’un délai ; à défaut d’exécution, la commune fait réaliser les travaux d’office, aux frais du propriétaire défaillant. C’est le prolongement concret de l’article L. 1311-2 du code de la santé publique.

Face à une infestation menaçant la salubrité, le maire prend un arrêté de mise en demeure fixant un délai d’action. Si le propriétaire n’agit pas, la mairie exécute d’office le traitement et lui en facture le coût.

Sur quel fondement juridique le maire agit-il contre les nuisibles ?

Le maire s’appuie sur ses pouvoirs de police de la salubrité publique, notamment l’article L. 1311-2 du code de la santé publique et l’article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales qui lui confie le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité. Une infestation de rongeurs ou d’insectes peut constituer un trouble à la salubrité justifiant son intervention.

Selon les situations, plusieurs bases peuvent se combiner :

  • L’article L. 1311-2 du code de la santé publique, qui permet d’imposer des mesures de salubrité par arrêté local.
  • L’article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, socle général de la police municipale.
  • Le règlement sanitaire départemental, qui fixe des obligations de dératisation et d’entretien.
  • La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, en cas d’insalubrité avérée du logement.

Pour le détail du fondement sanitaire, vous pouvez consulter notre repère sur le renouvellement certibiocide qui encadre l’usage des produits par les professionnels mandatés.

Comment se déroule la mise en demeure du propriétaire ?

La mise en demeure est l’étape clé : le maire notifie au propriétaire un arrêté écrit qui constate le trouble, prescrit les mesures à prendre et fixe un délai d’exécution. C’est une décision administrative motivée, susceptible de recours.

Le déroulé habituel suit ces étapes :

  1. Constat du trouble à la salubrité, souvent après signalement d’un locataire, d’un voisin ou du service d’hygiène.
  2. Visite ou enquête technique pour caractériser l’infestation et son origine.
  3. Notification d’un arrêté de mise en demeure indiquant les travaux et le délai.
  4. Respect du contradictoire : le propriétaire peut présenter ses observations.
  5. Vérification, à l’échéance, de l’exécution effective des mesures.

Le délai doit être raisonnable et proportionné à la gravité. Une infestation menaçant directement la santé peut justifier un délai très court, voire une mesure d’urgence.

Qu’est-ce que l’exécution d’office aux frais du propriétaire ?

L’exécution d’office permet à la commune de faire réaliser elle-même les travaux lorsque le propriétaire reste passif à l’expiration du délai, puis d’en recouvrer le coût auprès de lui. Le propriétaire défaillant supporte donc la dépense de l’intervention qu’il aurait dû commander.

Concrètement, la mairie mandate une entreprise de désinsectisation ou de dératisation, fait constater les résultats, puis émet un titre de recettes pour récupérer les sommes engagées. Cette créance peut être recouvrée comme une créance publique. Le mécanisme vise à protéger la collectivité et les occupants sans pénaliser financièrement les voisins ou la commune.

Étape Qui agit Conséquence
Mise en demeure Maire Délai imposé au propriétaire
Inaction à l’échéance Propriétaire défaillant Ouvre la voie à l’office
Exécution d’office Commune Travaux réalisés par un prestataire
Recouvrement Trésor public Coût facturé au propriétaire

Quels nuisibles peuvent déclencher une intervention de la mairie ?

Tout nuisible créant un risque sanitaire ou un trouble de salubrité peut être visé, surtout lorsqu’il dépasse le simple désagrément privé et touche le voisinage ou la collectivité. Les rongeurs et certains insectes sont les cas les plus fréquents.

  • Rats et souris dans les parties communes, caves ou réseaux, relevant souvent d’une obligation de dératisation.
  • Cafards et blattes en cas de prolifération affectant plusieurs logements d’un immeuble.
  • Punaises de lit lorsqu’une infestation chronique rend un logement impropre à l’habitation.
  • Frelon asiatique, classé danger sanitaire de deuxième catégorie, pouvant motiver une action en espace public ou privé selon le danger.
  • Pigeons et accumulations de fientes générant un risque sanitaire reconnu.

L’ampleur compte autant que l’espèce : c’est l’atteinte à la salubrité publique, et non la gêne individuelle, qui fonde le pouvoir du maire. Pour les obligations en habitat collectif, voyez notre note sur l’obligation de dératisation en immeuble.

Quelle articulation entre maire, préfet et bailleur ?

Le maire intervient pour la salubrité locale ; le préfet conserve des compétences en matière d’insalubrité grave ou de péril sanitaire ; le bailleur, lui, reste tenu par ses obligations contractuelles de délivrer un logement décent. Ces responsabilités se cumulent sans s’annuler.

En pratique, la répartition se lit ainsi :

  • Le maire active sa police de la salubrité pour des troubles localisés et ordonne les mesures correctives.
  • Le représentant de l’État peut prendre le relais sur les situations d’insalubrité les plus lourdes encadrées par le code de la santé publique.
  • Le propriétaire bailleur doit traiter les nuisibles relevant de son obligation d’entretien, indépendamment de toute injonction publique.
  • Le locataire signale et facilite l’accès, tout en respectant ses propres obligations d’usage.

L’intervention du maire ne dispense jamais le propriétaire de ses responsabilités civiles : elle les sanctionne quand il ne les assume pas.

Quels recours pour le propriétaire mis en demeure ?

Le propriétaire dispose de recours classiques contre une décision administrative : recours gracieux auprès du maire, puis recours contentieux devant le tribunal administratif. Il peut aussi contester le titre de recettes émis après une exécution d’office.

Quelques repères utiles :

  • Le recours gracieux invite le maire à revoir sa décision, souvent dans un délai de deux mois après notification.
  • Le recours contentieux devant le juge administratif vise l’annulation de l’arrêté.
  • Une procédure de référé peut être engagée si l’urgence et un doute sérieux le justifient.
  • La contestation peut porter sur la réalité du trouble, la proportionnalité du délai ou le montant facturé.

Mieux vaut toutefois traiter rapidement l’infestation : agir avant l’échéance évite l’exécution d’office et son surcoût. Faire intervenir une entreprise spécialisée comme Desinsect13000 permet de répondre à la mise en demeure dans les délais et de documenter l’action menée.

Comment éviter d’en arriver à la contrainte municipale ?

La meilleure parade reste l’action préventive et la traçabilité : un traitement professionnel régulier, des comptes rendus écrits et une réactivité aux signalements suffisent généralement à écarter toute procédure. Le maire n’intervient que face à l’inaction.

Mesures recommandées pour les propriétaires et syndics :

  • Mettre en place un contrat de prévention pour les parties communes et points sensibles.
  • Conserver les rapports d’intervention prouvant le suivi.
  • Traiter sans délai tout signalement de locataire avant qu’il ne devienne un problème collectif.
  • Coordonner copropriété et entreprise spécialisée pour les espèces qui circulent entre logements.

Une documentation sérieuse constitue aussi votre meilleure défense si une procédure venait à être ouverte.

Le maire peut-il pénétrer de force dans un logement privé ?

Non, pas librement. L’accès à un domicile privé reste protégé et suppose le consentement de l’occupant ou une autorisation prévue par les textes, sous le contrôle du juge. Le pouvoir de police permet d’ordonner des mesures, pas de violer le domicile sans cadre.

Qui paie l’intervention en cas d’exécution d’office ?

Le propriétaire défaillant. La commune avance le coût des travaux réalisés par le prestataire, puis le recouvre auprès de lui via un titre de recettes émis par le Trésor public.

Un locataire peut-il saisir directement le maire ?

Oui, un occupant peut signaler une infestation au service d’hygiène de la commune. Le maire apprécie ensuite s’il existe un trouble à la salubrité justifiant une mise en demeure du propriétaire.

Quel délai le maire fixe-t-il pour agir ?

Le délai doit être proportionné à la gravité. Il peut être de plusieurs semaines pour une situation maîtrisable, mais très court, voire immédiat, lorsqu’un danger sanitaire imminent est constaté.

La mise en demeure est-elle contestable ?

Oui. Le propriétaire peut former un recours gracieux auprès du maire puis, le cas échéant, un recours contentieux devant le tribunal administratif pour contester l’arrêté ou le montant réclamé.

Cette procédure s’applique-t-elle aux copropriétés ?

Oui. En copropriété, l’injonction peut viser le syndicat des copropriétaires pour les parties communes, ou un copropriétaire pour son lot, selon l’origine de l’infestation et la zone concernée.

Le frelon asiatique relève-t-il de ce pouvoir ?

Le frelon asiatique est classé danger sanitaire de deuxième catégorie. Selon la localisation du nid et le risque, une intervention publique peut être coordonnée, sans dispenser le propriétaire de faire détruire un nid sur son terrain.

Pour aller plus loin

Pour approfondir le cadre réglementaire qui entoure ce pouvoir de police, prolongez avec ces ressources :

Pour une vue d’ensemble, consultez aussi notre blog expert anti-nuisibles et, en cas d’infestation pressante, notre service d’urgence nuisibles à Marseille. Une équipe Desinsect13000 peut intervenir et documenter le traitement exigé par la mairie (06 98 35 43 98).

Sources institutionnelles utiles : le portail Service-Public.fr détaille les démarches liées à la salubrité et au logement, et la fiche encyclopédique sur le pouvoir de police précise les notions de police administrative générale et spéciale.

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