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Risques sanitaires

Leptospirose et hantavirus : maladies transmises par les rongeurs

Par admin 5 min de lecture
Illustration éditoriale — Leptospirose et hantavirus : maladies transmises par les rongeurs

En France métropolitaine, deux zoonoses transmises par les rongeurs commensaux exigent une vigilance particulière : la leptospirose, transmise par l’urine des rats contaminant l’eau et les surfaces, et l’hantavirose, transmise par l’inhalation d’aérosols à partir de déjections sèches en milieu confiné. Ces deux maladies peuvent évoluer en formes graves voire fatales sans diagnostic rapide. Ce dossier rassemble les données Santé publique France et les mesures de protection.

Leptospirose — la maladie des eaux contaminées

Agent et réservoir

La leptospirose est causée par des bactéries du genre Leptospira, plus particulièrement L. interrogans. Le réservoir principal est constitué par les rongeurs sauvages et commensaux (rat brun et rat noir) qui hébergent les bactéries dans leurs reins et les excrètent en continu via l’urine.

Voies de transmission

L’homme se contamine par contact muco-cutané ou cutané (sur peau lésée) avec :

  • Eaux douces stagnantes contaminées (canaux, mares, eaux d’inondation)
  • Boue et terres humides contaminées
  • Surfaces souillées par l’urine de rongeur dans les caves, vides sanitaires
  • Animaux domestiques infectés (chiens, élevages porcins)

La bactérie ne traverse pas la peau saine — la voie d’entrée est presque toujours une plaie minime, une éraflure, une piqûre, ou les muqueuses oculaires ou buccales.

Incidence française

Selon Santé publique France, on recense environ 600 cas confirmés par an en France métropolitaine, avec une mortalité de 5 à 10% pour les formes ictéro-hémorragiques sévères. Les Bouches-du-Rhône, comme tout le pourtour méditerranéen, sont en zone d’incidence modérée à forte.

Symptômes

Phase d’invasion (5 à 14 jours après contamination) :

  • Fièvre brutale > 39°C
  • Céphalées intenses
  • Myalgies (douleurs musculaires des mollets caractéristiques)
  • Conjonctivite

Phase d’état (forme grave, syndrome de Weil) :

  • Ictère (jaunisse)
  • Insuffisance rénale
  • Manifestations hémorragiques
  • Atteinte hépatique et méningée possible

En cas de symptômes après une exposition à risque, urgence médicale — le traitement par antibiotique (doxycycline, pénicilline) est efficace s’il est démarré tôt.

Hantavirus — la maladie des combles poussiéreux

Agent et réservoir

En France, le hantavirus dominant est le virus Puumala, dont le réservoir est le campagnol roussâtre, mais le virus Séoul, transmis par les rats commensaux, est aussi documenté. Le virus est excrété dans les urines, salive et fèces des rongeurs.

Voie de transmission spécifique

Contrairement à la leptospirose, l’hantavirose se transmet principalement par inhalation d’aérosols à partir de déjections séchées remises en suspension. Le risque maximal est dans des espaces confinés : combles, granges, abris de jardin, caves longtemps inoccupées qu’on rouvre pour nettoyer.

D’où la règle de sécurité : ne jamais balayer à sec un local susceptible d’avoir hébergé des rongeurs. La poussière mise en suspension contient le virus.

Symptômes

Incubation 2 à 4 semaines. Signes initiaux : fièvre, céphalées, myalgies, douleurs abdominales. Forme grave (syndrome cardio-pulmonaire) avec détresse respiratoire et insuffisance rénale aiguë.

Mesures de protection en intervention et au quotidien

Lors d’un nettoyage de zone potentiellement contaminée

  1. Aération préalable 30 minutes minimum avant entrée
  2. Masque FFP3 obligatoire — un masque FFP2 ne filtre pas suffisamment
  3. Gants nitrile — pas de coton ni de cuir qui absorberait les contaminants
  4. Lunettes de protection intégrales
  5. Combinaison jetable type 5/6 si surface importante
  6. Humidification préalable avec eau de Javel diluée à 1/10 pulvérisée — fixe les particules avant le ramassage
  7. Ramassage avec papier absorbant à jeter immédiatement en sac fermé, jamais avec aspirateur classique
  8. Désinfection finale des surfaces à l’eau de Javel diluée
  9. Lavage corporel et vêtements après l’intervention

Au quotidien dans un logement sain

  • Boucher les accès des rongeurs systématiquement
  • Stocker la nourriture en récipients hermétiques rigides
  • Vider les poubelles quotidiennement, fermer le local poubelle
  • Laver les mains après tout contact avec eau de pluie ou eau stagnante
  • Ne pas se baigner dans des eaux dormantes en bordure d’agglomération

Pour les professions à risque

La leptospirose est reconnue maladie professionnelle pour : égoutiers, agents de la voirie urbaine, agriculteurs (riz, canne à sucre), pisciculteurs, vétérinaires, travailleurs portuaires. Une vaccination existe et est recommandée pour les expositions élevées (notamment égoutiers).

Les techniciens en dératisation utilisent en intervention systématique : combinaison, gants, masque selon contexte, lunettes. Voir aussi notre note sur la certification Certibiocide qui inclut un module sécurité opérateur.

Articulation avec d’autres zoonoses

D’autres maladies sont transmises par rongeurs en France mais à plus faible incidence : tularémie, salmonelloses, lymphocytose chorio-méningée, peste (cas rares). Pour les zoonoses des oiseaux (pigeons), voir notre dossier pigeons et zoonoses.

Locaux longtemps inoccupés, combles à désencombrer ? Notre intervention dératisation Marseille inclut un protocole décontamination si présence avérée. Devis gratuit.

Sources